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Jeudi 21 Février 2008

Sur cette photo, maman et moi nous passions près du Grand Cercle, bâtiment aujourd'hui disparu mais qui rappelait des souvenirs très émouvants à mes parents car ce bâtiment accueillait chaque jour au printemps 1945 les prisonniers de guerre à leur retour d'Allemagne. Mon père y fut donc accueilli à son retour de Rawa-Ruska en Mai 1945 et les personnes présentes lui chantèrent la Marseillaise qu'il réentendait enfin.

Un an, à peine après le retour du prisonnier du Stalag VA matricule n° 29403, j'ai vu le jour à la maternité de l'Hôpital d'Angers, le lundi de Pâques de l'an 1946. Mon père avait donc été fait prisonnier en 1940 au Stalag VA à Ludivisbourg, près de Stuttgart, mais, évadé deux fois pendant sa captivité, il fut à chaque fois repris et finalement renvoyé au camp disciplinaire de Rawa-Ruska. C'est donc libéré par les Russes qu'il est enfin rentré au foyer en mai 1945, très faible, malade.

C'est ce qui explique en partie la raison pour laquelle ma soeur et moi - car nous étions jumelles - nous sommes arrivées le 22 Avril 1946, de faible constitution. Ma soeur est morte le 29 Avril 1946, soit 7 jours après la naissance. Ma mère avait beaucoup mis en cause le prsonnel médical qu'elle jugeait inqualifiable mais il faut dire qu'à cette époque, il n'y avait pas de couveuse : cet établissement qui était totalement démuni de tout après la guerre est maintenant renom international et s'appelle la Maternité Robert DEBRE.

Ma mère est donc rentrée avec moi à la maison mais ses soucis au sujet de ma santé n'étaient pas pour autant terminés. Quand elle évoquait cette période dont elle gardait beaucoup de tristesse qu'elle ruminait souvent, elle donnait toujours la référence de mon poids à un mois : 1kg720. Heureusement, la voisine de maman connaissait une sage-femme à Trélazé qui a eu la bonne idée de me pratiquer une transfusion du sang maternel ce qui m'a sauvée. Mes parents ont d'ailleurs gardé toute leur vie de très bonnes relations avec cette personne qui a présidé à la naissance de mon frère au domicile de mes parents, seize mois plus tard, le 22 Juillet 1947, en parfaite santé.  

Toute la famille devant le Grand Cercle démoli en 1961...

publié par christiane choisnet publié dans : mon.enfance
Jeudi 21 Février 2008

 

 

 

 

Dans notre cour du 14 rue Camille Perdriau

 

 

 

 

Nous avons donc passé mon frère et moi, nos premières années à Sorges, un petit village traversé par l'Authion et dépendant des Ponts-de-Cé, au 14 de la rue Camille Perdriau qui se situait, en fait au début de la route de Saumur après Trélazé en venant d'Angers. Cette rue portait le nom d'un des enfants de Sorges qui fut résistant dès le début de la guerre. Arrêté à Bordeaux en possession d'armes alors qu'il voulait passer en Espagne, interné ensuite au Fort du Hâ où il a été fusillé. Il n'avait que vingt ans et mon père avec qui il était entré plusieurs fois en discussion avant la guerre m'avait confié qu'il avait essayé plusieurs fois devant ses sentiments anti-allemands et son ardeur impétueuse de calmer sa fougue, fougue de sa jeunesse et toute à son honneur... fallait-il en avoir une somme de courage en 40 pour oser dire "non !".

Sa mère, Madame Perdriau, fût à l'école ma première "assistante maternelle" et ô combien elle me maternait moi qui ait commencé l'école à l'âge de deux ans. Elle me faisait manger à l'heure du repas une sorte de soupe au chocolat que ma mère me préparait dans une gamelle en fer blanc et qu'elle faisait réchauffer au préalable sur le poêle car il n'y avait pas de cantine. Mais voilà que je m'égare. Revenons à nos moutons ou plutôt au 14 de la rue Camille Perdriau où mes parents logeaient dans deux-pièces d'un petit immeuble collectif. C'était une grande maison très laide - peut être restée encore plus hideuse dans ma mémoire enfantine - mais les murs étaient gris, tristes, bref sans aucun cachet.

Nous pénétrions dans cette grande bâtisse austère par deux couloirs totalement indépendants mais tout aussi austères. Nous accédions à notre petit logement par le deuxième couloir qui donnait sur une cour car nous étions au rez-de-chaussée. Un escalier obscur s'élevait à droite de notre porte d'entrée pour accéder au 1er étage où se trouvaient deux autres logements en vis-à-vis dont l'un était celui de notre couturière et son mari avec leur grand fils et dans l'autre également un couple avec leur fille Nicole d'une dizaine d'années. Au deuxième étage se trouvaient les greniers. 

Dans les logements desservis par l'autre couloir, il y avait au rez-de-chaussée, une femme seule à qui ma mère nous confiait parfois lorsqu'elle s'absentait tandis qu'au 1er étage logeait également un couple et leur fille. Madame D.. qui habitait donc au rez-de-chaussée était une vieille femme, je la trouvais vieille mais l'était-elle réellement ? pour un enfant, l'âge est bien relatif mais si je me souviens pas de son visage je me souviens de son intérieur où il y avait des tapis partout notamment sous la table et pour protéger le tapis des pieds de table, elle mettait des sous-pieds en verre. C'est en souvenir de cette vieille dame que j'ai acheté quatre de ces sous-pieds en verre, un jour, chez un brocanteur.

On entrait ainsi directement dans notre deux-pièces dans la cuisine dont le mobilier était très simple. La fenêtre de notre cuisine donnait sur la cour au fond de laquelle s'alignait la rangée des portes des cabinets... donc déjà la vue était sympa. La fenêtre s'ouvrait également sur l'entrée de la porte de la buanderie commune par laquelle nous entendions "Radio Buanderie". L'unique chambre donnait sur la rue dont la fenêtre était plus vaste donc la pièce plus éclairée. Maman s'installait souvent le dimanche près de la fenêtre, un tricot sur les genoux, elle regardait le défilé des passants. Dans la cour se trouvait également une petite maisonnette, simple deux-pièces où vivaient un couple de braves gens et leur cinq enfants dont les deux derniers un garçon et une fille étaient nos compagnons de jeux. En vis-à-vis du logement de mes parents se trouvaient également deux pièces où dormaient les quatre garçons de cette famille. Il règnait donc dans une certaine promiscuité et une certaine communauté une grande convivialité et une grande solidarité.

Le bourg de Sorges qui est en fait un hameau des Ponts de Cé est situé à un kilomètre de cette rue Camille Perdriau laquelle est plus proche en fait du bourg de Trélazé que celui des Ponts de Cé. Le petit bourg de Sorges a eu une histoire assez riche. En 1579, le temple protestant de la ville d'Angers s'y était installé mais aujourd'hui il n'en reste plus rien que sa cour dite du "prêche" car ce temple fut détruit lors de la révocation de l'Edit de Nantes. 

Parmi d'autres grands moments historiques eurent lieu les combats entre les armées du jeune roi Louis XIII et celles de sa mère Marie de Médicis dans les prés de Sorges en août 1620. Au bout de trois jours, la paix sera négociée par Richelieu aux Ponts de Cé.

En 1661, Louis XIV se rendant de Saumur à Angers s'arrêtera à Sorges pour y diner dans une ferme-auberge car, à cette époque, la route entre Angers et Saumur passait par Sorges et il fallait emprunter un bac pour traverser l'Authion.

A la révolution en 1790, Sorges devient une commune mais un an plus tard, Sorges revient à la commune de Trélazé et son rattachement définitif à la commune des Ponts de Cé intervient en 1796.

En ce qui concerne la période de ma tendre enfance, je n'en ai pas gardé de souvenirs précis mais que des flashs et à travers ces flashs, je peux dire qu'elle a été heureuse.  

  

Mon frère et moi nous posions pour le photographe devant le jardin du mail à ANGERS. 

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Jeudi 21 Février 2008

Le mot d'ordre à la maison était : "il faut faire des économies !" voilà une expression très souvent entendue. Mais ceci avait son bon côté car mes parents avaient deux jardins. Mon père nourrissait une passion pour ses deux jardins. Nous allions au jardin proche de la maison par un chemin qui zigzaguait en passant notamment près de la maison de la propriétaire. Mon père m'avait demandé un jour d'aller chercher une paire de ciseaux auprès de maman restée à la maison en me recommandant bien de ne pas courir. Mais bien sûr en retournant au jardin, je me suis mise à courir en pensant aux grappes de raisin que mon père allait décrocher. Bien sûr, je suis tombée et mon père m'a ramenée le genou sanguinolant dans ses bras. J'ai gardé pendant longtemps la marque des ciseaux sur mon genou. L'autre jardin se trouvait sur la route de Sorges, mon père m'y emmenait dans sa brouette.Aller au jardin dans la brouette était un délice. Se frotter aux choux pleins d'eau avec les perles de rosée qui vous éclaboussaient le visage, c'était beau.  C'était une joie pour moi d'aller au jardin, je garde sans doute de cette période la passion du jardin.

L'habillement n'échappe pas aux règles de l'économie. On distinguait ceux de tous les jours, d'où l'expression : "être en tous les jours" de "ceux du dimanche". Au regard des photos, les habits que nous portions, hiver comme été, étaient fort coquets. Maman avait un certain goût de la toilette et, pour l'époque, nous n'avions rien à envier aux enfants de classes sociales plus élevées. Pour aller à l'école, cependant, nous portions un sarrau généralement de couleur claire mais certains écoliers portaient encore le sarrau noir. On portait le capuchon qui faisait partie de l'uniforme de l'écolier : c'était une cape d'une épaisse étoffe noire ou bleue marine. La galoche complètait l'uniforme de l'écolier. Mais cet uniforme a disparu très vite après les années 50 pour laisser place à des vêtements plus coquets en raison de l'évolution de l'économie des ménages ce qui correspond pour moi, à peu près, à mon entrée en 6ème (1958). En attendant, j'allais donc avec ma petite voisine que sa mère appelait gentiment Jacotte, à l'école, avec capuchon et galoches.

Nous n'avions pas l'eau courante à la maison et l'on avait recours à un puits situé dans la cour voisine de celle de notre habitation, séparée par une palissade en bois. J'accompagnais régulièrement maman ou papa au puits car cette vision du seau en zing accroché à une grosse chaîne qui heurtait l'eau me fascinait et il fallait beaucoup d'ardeur pour faire tourner les lourdes manivelles qui entrainait le treuil autour duquel s'enroulait la chaîne qui retenait le seau. Je me souviens auusi que, dans mes premières années, nous avions récupéré ma chatte Miquette, maman et moi, alors qu'elle était en mauvaise position sur le puits.  

    

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Jeudi 21 Février 2008

Dans la rue qui s'en va vers Saumur, on y croise des vélos, des charrettes et quelques autos.Au milieu de cette rue il y avait un café. On y entrait par des marches dans une grande salle au mobilier très sobre. Au milieu trônait un grand poêle noir encadré de tables très rustiques sur un sol de vieux parquet. Cet endroit était la halte obligée quand on accompagnait mes grand-parents au "tram" pour qu'ils s'en retournent à Angers prendre le car "Citron" pour Bel-Air de Combrée. En effet, à l'extrèmité de cette rue Camille Perdriau en allant vers Trélazé, il y avait une place où se trouvait la station du tramway qui allait vers Angers. Cette place est la place de la Pyramide dont l'histoire dit que cette pyramide a été érigée par Napoléon III suite à de graves crues de la Loire et de l'Authion. Napoléon III fit construire les levées le long de la Loire entre Saumur et les Ponts-de-Cé. Sur cette place s'y cotoient les passagers du tramway qui attendent ou descendent à la station ainsi que des charrettes, des carrioles et surtout des chevaux car sur cette place, il y avait un bourrelier-maréchal-ferrand. C'est un artisanat qui a aujourd'hui totalement disparu. Quand je prenais le tramway pour Angers avec maman, j'observais la poinçonneuse qui avait un sac en cuir où elle y conservait les billets. Il était aussi crasseux que sa propriétaire qui était un personnage haut en couleurs.

J'accompagnais aussi ma mère quand elle allait à la succursale des Postes et Télégraphes pour "garnir les livrets". Au début de l'année, nous faisions le même voyage pour "arrêter" les livrets, c'est-à-dire y ajouter les intérêts. On entrait dans une salle d'attente à l'aspect monastique, une pièce nue aux murs sombres. Ensuite on passait devant le bureau du caissier : je revois ce monsieur derrière son grillage : le type parfait du rond-de-cuir cher à Courteline. Il portait sur le livret le montant de la somme déposée en chiffres et en lettres d'une calligraphie parfaite. Je revois aussi toujours avec émotion dans ma mémoire la vieille mercière avec sa voix chantante. C'était un plaisir de la voir toujours avec son sourire déballer toute sa marchandise avec une de ces délicatesses... tout sortait des tiroirs comme par enchantement.

Je me rappelle aussi le magasin de l'herboriste. Il y avait des bocaux contenant de l'eau de cologne alignés dans sa vitrine, on aurait dit l'arc en ciel et tout était impeccablement rangé avec des odeurs... maman m'envoyait remplir une bouteille de verre d'eau de cologne de chypre.   

 promenade avec maman à ANGERS dans mes premières années.

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Jeudi 21 Février 2008

Je n'ai pas gardé de souvenirs précis des noels de mon enfance. Le seul fait précis dont je me souviens, je devais avoir 4 ou 5 ans, maman m'avait emmenée à TRELAZE pour la venue du Père Noel quelques jours avant la date fatidique du 25 Décembre. Il y faisait froid et j'ai gardé la vision d'une foule agglutinée sur l'espace libre entre la rue Jean Jaurès et l'extrèmité de la ruelle qui descend à Malaquais. Si je ne me rappelle pas du tout de ce bonhomme Noel que nous attendions dans le froid vif, je me souviens très bien d'un homme qui sortait d'un bar tout proche et qui venait reprendre son vélo qu'il avait laissé le long d'un mur. Il demandait en vociférant d'une voix tonitruante à qui appartenait le "pauvre" petit vêtement d'enfant qu'une mère avait déposé et sans doute oublié sur le guidon de son vélo. C'est une image qui m'est restée car cet homme qui donnait l'impression d'un bonimenteur de foires contrastait avec la joie qui éclairait les visages des enfants et de leur maman dans l'attente du Père Noel. Le vêtement qu'il tenait à bout de bras n'avait rien à voir avec les vêtements d'enfants jolis et coquets que nous connaissons aujourd'hui : l'époque n'est plus la même. 

 

Toujours par souci d'économie, en effet, noels d'enfance ne donnaient pas l'occasion de réjouissances exagérées : pas de sapin décoré, juste une petite crèche en papier rocher, pas de festin familial d'autant que nous restions toujours seuls, sans famille, sans invité. Les jouets étaient aussi très simples. Pour l'un des tout premiers noels de notre enfance, mon frère et moi avons reçu une poupée en chiffons, rose pour moi et bleue pour lui. Pour nos deux poupées, mon père nous avait confectionné un lit en bois sur roulettes peint également en rose pour moi et en bleu pour mon frère. Ensuite, mon frère eut des jouets de garçon (mécano, etc...), moi j'ai eu droit à des dinettes, un baigneur que j'avais prénommé Joel et puis ce fut rapidement des "choses utiles" 

Nous découvrions dans nos galoches une orange puis dans certaines années plus fastes un sabot en chocolat avec un jésus en sucre portant un maillot rose ou bleu. Mes envies étaient souvent des jouets, surtout une auto à pédales pour mon frère et moi mais je savais bien que c'était trop cher pour nous. Les adultes ne peuvent imaginer ce qui marque si fort l'esprit d'un enfant qu'il s'en souviendra toute sa vie, tant il est vrai que l'enfant focalise sur de toutes petites choses pour peu qu'il ne s'exprime pas, par timidité ou sous l'effet d'une éducation trop rigide, jamais les adultes ne sauront ce qui trotte dans la tête de leur enfant. Dans la tête d'un enfant, il y a des rêves, des peurs, des envies, des questions. Il y a aussi des frustations.

Pour en revenir aux fêtes de noel, mon père m'emmenait le soir en guise de réveillon, c'était surtout vers la fin des années 50 (nous étions déjà à Trélazé) nous sortions dans la nuit pour aller regarder dans la vitrine du marchand de radio-télé "Radiola" le téléviseur installé de l'autre côté de la vitrine. Malgré le froid, nous regardions le programme avec beaucoup d'intérêt. Nous rentrions grelottants à la maison et je plongeais alors dans mon lit chauffé par la brique que maman avait eu soin de glisser pendant notre sortie nocturne et là, je revoyais en rêve le programme de cette soirée de fête. Nous n'étions pas les seuls à regarder le téléviseur Radiola sur le trottoir, certains soirs, il y avait une dizaine de personnes et nous aurions pû réveiller tout le quartier mais curieusement personne ne trouvait rien à redire.

Heureusement, en ces périodes de fête, Noel avait un de ces moments magiques, c'étaient les représentations données par l'école dans une salle louée à Malaquais pour "l'arbre de Noel". Chaque enfant était joliment habillé selon la scénette interprètée, c'était des tutus magnifiques de toutes les couleurs, c'était des habits de contes de fée.... Une année, nous étions tous habillés en tenue folkorique de toutes les provinces de France. Moi, j'étais en flamande et mon frère avait revêtu un habit de breton avec un chapeau melon. Ces habits de fête étaient confectionnés avec amour par les mamans qui, beaucoup plus qu'aujourd'hui, restaient à la maison.    C'était des tutus magnifiques de toutes les couleurs...

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publié par christiane choisnet publié dans : mon.enfance
Jeudi 21 Février 2008

Promenade hivernale à ANGERS avec maman

Je jouais souvent dans la cour de notre logement de la Pyramide avec ma petite voisine Jacotte avec peu de choses car nous n'avions que peu de jouets. A l'époque, nous jouions beaucoup à la balle. Nous avons dû passer des heures, assises l'une près de l'autre, sur les marches du couloir commun aux habitations, à rire et à goûter aux tartines du "quatre heures" qui consistaient en des tartines beurrées avec du chocolat râpé parsemé dessus.

J'avais une autre petite voisine dont les parents habitaient de l'autre côté de la rue Camille Perdriau, juste en face de notre immeuble. Les parents de Chantal vivaient sous le même toit que ses grands-parents maternels. Nous jouions quelques fois sur le trottoir devant sa maison sans nous en éloigner. Son grand-père était un brave homme qui l'accompagnait chaque fois sur le trajet de l'école. Je garderai toujours l'image de ce vieil homme pédalant droit sur sa bicyclette et portant toujours un cageot à l'avant de son engin tandis que sa petite fille sur son petit vélo pédalait à côté de lui. Je me souviens de cette journée du mois de Juin 1955, c'était un vendredi, nous jouions ensemble dans la cour de l'école quand elle m'a annoncé qu'elle ne viendrait pas en classe le lendemain. Elle n'est pas venue le lendemain ni les autres jours. Je ne l'ai jamais revue car elle faisait partie ainsi que sa grand-mère des nombreuses victimes de l'accident des 24 Heures du Mans.

Maman m'appris aussi très rapidement à aller en vélo à l'école. Il faut dire que le vélo maternel était un véritable transport en commun. Maman transportait sur son vélo mon frère assis sur le porte-bagages arrière et moi assise à l'avant devant le guidon sur un autre porte-bagages qui lui n'avait rien d'un fauteuil confortable. Il était en fer grillagé et au bout de quelques centaines de mètres de prcours du vélo maternel, le siège me blessait singulièrement les cuisses.

Mais le problème de mon apprentissage de la bicyclette c'est que l'engin devait faire de l'usage et moi j'étais trop petite; je pédalais donc rapidement en danseuse jusqu'au jour où j'entrais en collision près de l'école avec une autre cycliste car les gens à bicyclette dans ce temps-là étaient nombreux. En l'occurrence, il s'agissait d'une vieille dame qui s'est relevée rapidement. Ma copine de classe, Janine P.... me fit, pendant la récré, toute une explication avec dessin à l'appui pour me prouver que la mémé était en tort. Elle devait avoir son code de route à elle mais moi pour l'essentiel, j'étais rassurée. Nous étions, en tous cas, très complices Janine et moi car, d'année en année, elle était ma voisine de classe. Nous avons appris à compter sous la houlette de la femme du directeur qui s'occupait de la classe enfantine avec des bûchettes. L'épouse du directeur était très maternelle tandis que son mari était très craint. La cour de récréation des filles comme celle des garçons était plantée de gros tilleuls et avant les grandes vacances qui débutaient au 14 Juillet, les élèves étaient chargés de récolter les fleurs de tilleul sitôt que le maître d'école, perché sur une échelle, nous en eut préalablement détaché les branches. Nos cours de récréation embaumait de ces fleurs en ces fins d'année scolaire.

    

Promenade estivale à ANGERS, place Imbach, de toute la famille. Nous passions devant un de ces baraquements construits à la hâte après la guerre pour loger les sinistrés des bombardements de la gare. Pour ce qui en est de celui-ci, il devait sans doute s'agir d'un ferblantier

 

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